Noel Paris Grands Magasins

Qui a eu cette idée folle d’offrir des jouets aux enfants ?

Les romains, les médiévaux, les paysans, les aristocrates de l’Ancien Régime ? Qui a eu cette idée folle d’offrir des jouets aux enfants ?

Revenons à présent sur l’histoire des étrennes et autres « cadeaux de bon augure » faits aux enfants à différentes périodes de l’année,  sous différents prétextes. Si les étrennes ont parfois revêtu une forme pécuniaire, elles ont souvent été l’occasion de dons en nature ou de petits objets, correspondant aux usages, aux besoins de l’époque et au statut social du donateur ou du bénéficiaire.

Fêtes, étrennes et jouets sont ainsi inextricablement liés depuis plusieurs millénaires dans ces périodes de fête. Qui sont, dans les sociétés traditionnelles, les pierres angulaires du lien social.

Offrir des jouets : un geste déjà ancré dans les pratiques de l’Antiquité

L’existence d’un commerce de jouets est attestée en Grèce depuis le Ve siècle avant notre ère. Le don de jouet, qualifié de rite, intervient à la naissance. Mais également pour les fêtes en l’honneur de l’enfant Dionysos.

Pour les Romains, ce sont les fêtes du nouvel an (saturnales de décembre) qui sont une occasion d’offrir des cadeaux. Fruits secs, noix en particulier, qui font office de billes. Mais également des Sigilla (probablement des figurines de cire), ancêtres de nos poupées…

Jeu de l'oie Egypte antique musée du Louvre

Des cadeaux en fin d’année au Moyen-âge : rituels sociaux et familiaux

Deux phénomènes majeurs marquent la longue période du Moyen-âge. D’une part par la christianisation des sociétés, incarnée notamment par la naissance de la figure de Jésus comme donateur, et d’autre part par l’essor des quêtes d’enfants. Au fil des siècles les cadeaux ou dons interviennent dans deux cadres qui tendent à se distinguer l’un de l’autre : un cadre collectif et un cadre plus intime.

Lors de quêtes ou de tournées, les enfants circulent dans le voisinage pour recueillir cadeaux, fruits et offrandes. A plusieurs reprises, les anthropologues et historiens ont vu dans la figure de l’enfant une passerelle entre le monde des vivants et le monde des morts. Le cadeau est alors un échange symbolique qui protège le monde des vivants de la rancœur des morts. On retrouve ici, selon plusieurs sources, les prémisses d’Halloween.

La christianisation de la société voit l’émergence progressive de l’image de la Sainte famille et de la Nativité telle que nous l’appréhendons aujourd’hui. La figure de l’Enfant Jésus devient de plus en plus prégnante. De même que son lien avec les offrandes

Le massacre des Innocents contribue également à l’émergence du sentiment de l’enfance dans son acception médiévale. La pureté et l’innocence des enfants et du Christ y sont peu à peu confondues. Sans entrer dans le débat des historiens spécialistes de l’enfance, il semble, contrairement à l’idée longtemps répandue, et en dépit d’une  mortalité infantile élevée à l’époque, que l’enfance et ses vertus aient été centrales dans les valeurs médiévales.

Au fil des siècles, Noël, anniversaire de la naissance de l’Enfant Jésus, devient la fête des enfants. Noël  se restreint alors à un cercle plutôt familial, laissant aux autres rites des fonctions plus collectives. L’échange de cadeaux et de jouets s’installe progressivement. Sur les terres luthériennes, ce phénomène est particulièrement marqué, et verra l’apparition des marchés de Noël.

Des cadeaux au Nouvel an : sous l’Ancien Régime on préfère offrir des jouets en début d’année ! L’apparition du terme de joujoux

Sous l’Ancien régime, la fête prétexte pour offrir des jouets aux enfants n’est plus vraiment Noël, mais plutôt le Nouvel an. Les enfants de la noblesse comme ceux des classes plus populaires reçoivent des jouets. Toupies, bilboquet, poupées de plâtre ou sifflets se répandent dans les différents milieux sociaux.

Signe de cet engouement de plus en plus marqué pour les cadeaux faits aux enfants, la publicité autour de la vente de jouets à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle apparaît. Dans les annonces des marchands puis les almanachs.

Les termes associent jouets d’enfants et bijoux, et voient naître l’expression « joujoux ». On peut ainsi établir le lien entre l’essor de la commercialisation des jouets et l’évolution des représentations de l’enfance induite par la littérature et la philosophie de l’éducation. La construction d’une vision moderne de la famille, plus tournée sur la sphère privée, est à l’oeuvre.

Le début de l’âge d’or des jouets et du père Noël

C’est au XIXe siècle que la fête de Noël commence à prendre les formes que nous connaissons aujourd’hui, avec le Père Noel et ses jouets.

Signe manifeste, les boutiques spécialisées de jouets se développent. A Paris, pendant toute la période de la Restauration, se tient du 15 décembre au 15 janvier le marché des jouets du Pont-neuf. Cette foire aux jouets prenait probablement la forme dépeinte dans les illustrations des baraques de Noel d’une vieille édition de Cosette, dans les Albums Rose des années 50, qui a bercé mon enfance.

Le commerce de jouets prend son essor et devient un secteur économique dynamique en France. Magasins de nouveautés et autres grands magasins se développent, mais les fabricants sont également nombreux. Michel Manson ne dénombre d’ailleurs pas moins de 800 fabricants de jouets rien que sur Paris entre 1800 et 1870…

Qu’on aurait aimé vous emmener explorer les ateliers de cette époque !

Voici ce qu’en disent les protagonistes de l’époque : celui qui n’offre pas de jouets est un être anti-poétique !

La parole à Baudelaire

« Le joujou est la première initiation de l’enfant à l’art, ou plutôt s’en est pour lui la première réalisation, et, l’âge mûr venu, les réalisations perfectionnées ne donneront pas à son esprit les mêmes chaleurs, ni les mêmes enthousiasmes, ni la même croyance »…

« Je voudrais bien dire quelques mots des mœurs des enfants relativement à leurs joujoux, et des idées des parents dans cette émouvante question. Il y a des parents qui n’en veulent jamais donner. Ce sont des personnes graves, excessivement graves, qui n’ont pas étudié la nature, et qui rendent généralement malheureux tous les gens qui les entourent. Je ne sais pourquoi je me figure qu’elles puent le protestantisme. Elles ne connaissent pas et ne permettent pas les moyens poétiques de passer le temps. Ce sont les mêmes gens qui donneraient volontiers un franc à un pauvre, à condition qu’il s’étouffât avec du pain, et lui refuseront toujours deux sous pour se désaltérer au cabaret. Quand je pense à une certaine classe de personnes ultra-raisonnables et anti-poétiques par qui j’ai tant souffert, je sens toujours la haine pincer et agiter mes nerfs.

Il y a d’autres parents qui considèrent les joujoux comme des objets d’adoration muette ; il y a des habits qu’il est au moins permis de mettre le dimanche ; mais les joujoux doivent se ménager bien autrement ! Aussi à peine l’ami de la maison a-t-il déposé son offrande dans le tablier de l’enfant, que la mère féroce et économe se précipite dessus, le met dans une armoire, et dit : C’est trop beau pour ton âge ; tu t’en serviras quand tu seras grand ! Un de mes amis m’avoua qu’il n’avait jamais pu jouir de ses joujoux… »

Les grands magasins  et l’essor du jouet de masse

Les grandes enseignes parisiennes participent largement à l’émergence de la célébration des fêtes de fin d’année marquée par la société de consommation telle que nous la déplorons désormais. Les catalogues de jouets ou la scénographie des vitrines de Noël datant de cette époque sont les ancêtres directs de ce que nous connaissons. A la fin du siècle, expositions, comptoirs et autres opérations commerciales autour des étrennes font des jouets les pierres angulaires du rapport entre enfant et adultes.

Advient alors l’uniformisation moderne des festivités de fin d’année. Et avec elle la consécration des figures du Père Noel et de Santa Claus dans l’imaginaire collectif.

Avec lui, c’est l’image de la société américaine et de la famille américaine, opulente et « marketée » qui est modelée et qui prend le pas sur les particularités locales. Les formes de Noël qui prennent le pas sur les autres sont à chercher du côté de l’Allemagne . Et de l’Angleterre victorienne. Sous l’influence de courants romantiques probablement. A la première nous devrions le sapin, les bougies. A la seconde l’esprit de Noël, célébré par Dickens dans son Conte de Noël. Relisez le Grinch ! L’imaginaire de Noël s’étend au monde entier. Même dans la lointaine Russie les ballets se font l’écho de ces fêtes occidentalisées … Revoyez Casse-Noisette. Dans tous les cas, le jouet est valorisé car il favoriserait le développement de la créativité et de l’imagination.

Les boutiques de Noel, la féerie des lumières et des décorations deviennent des éléments constitutifs de la période de fin d’année. L’émerveillement de l’enfant est recherché comme une fin en soi et les jouets en sont un auxiliaire.

Et aujourd’hui quel sens avons-nous envie de donner aux cadeaux de Noël ?

Croyants ou pas, la tradition des cadeaux de fin d’année est solidement ancrée dans nos pratiques. Se transformant tantôt en moment de partage authentique tantôt en symbole écœurant de notre société de consommation dégoulinante d’excès, de mauvais goût et de mondialisation effrénée et irresponsable. (Combien d’arbres coupés pour des papiers cadeaux chiffonnés et jetés à la poubelle en moins de 20 sec et non recyclables ?)

Vous imaginez bien que Les plus Beaux jouets du Monde ne peut bouder la joie de la période de Noël ! Nulle question d’ascétisme ou d’austérité évidemment. Mais notre projet est avec certitude né aussi d’une réaction face à la vacuité de certaines de ces célébrations. Quand l’opulence de la fête éclipse le lien social et familial qu’elle devait  célébrer. Quand le don et le contre-don tournent à vide…

En tant que mamans, notre principal souhait est de faire en sorte que nos enfants soient comblés. Mais nous tenons aussi à les doter d’une conscience éclairée. Qu’ils soient joyeux mais responsables. Partager l’esprit de Noël et l’émerveillement, à condition d’y trouver du sens. Notre propos est toujours le même, et si vous êtes parvenus au bout de cet article vous êtes désormais aussi armés que nous pour raconter à vos bambins d’où vient la tradition des cadeaux, pour faire de ce moment un temps de partage et d’explication.

Comme nous, et… grâce à notre site aussi (!), mettez-en moins sous le sapin, mais mieux !

Quel plus beau symbole d’une famille unie qu’une famille qui se regroupe pour offrir un beau cadeau qui marquera les premières années d’un enfant ? Plutôt qu’une lutte d’influence à qui offrira le cadeau le plus vu et revu ? Ou le plus facile, le plus cher  ?
Pour s’attirer les bonnes grâce d’un enfant qui ne sait bientôt plus où donner de la tête, submergé (parfois au sens propre) dans un flot de papiers cadeaux.

La magie de Noël c’est sans doute un peu de cela aussi.

Alors oui, achetons de jolis présents à nos bambins et essayons de sortir du lot sous le sapin ! Choisissons des jouets d’artistes ou d’artisan, des jouets du bout du Monde, des jouets qui racontent des histoires !

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